Il est 23h35, et tout en suivant une passionnante intervention de Thierry Breton à la télé sur le sujet de la libéralisation du gaz (vous savez, le mec qui a une tignasse de mouton style 70’s) je me pose la question suivante : pourquoi faut-il que même sur un nouveau média, en l’occurence le web, le commerce soit toujours aussi poussif et pénible ?

Je prends pour exemple la Fnac, avec son magnifique fnac.com que tout le monde connait (j’ai essayé aussi au-vieux-campeur.fr mais franchement çà sent vraiment trop le moisi :-)…je vous le conseille franchement si l’archéologie du web vous passionne) : quelle est la valeur ajoutée de ce type de site ?

Franchement il est plus que temps de se poser la question, alors réfléchissons ensemble :

  • l’entrée se fait uniquement par un listing de produits, un peu comme sur amazon.com mais en franchement moins convaincant.
  • vous me direz : l’intérêt c’est l’accès 24h/24 à une offre produit pléthorique…raté ! çà c’est le positionnement de Pixmania, Cdiscount, et autres e-discounters mais franchement pour la Fnac on pouvait quand même s’attendre à mieux, non ? surtout quand le prix moyen des produits est 20% plus élevé que sur ces sites.

Et puis aujourd’hui est ce que nous n’aspirons pas tous à quelque chose d’autre qu’un simple “rayonnage” de produits ? L’ère de la consommation de masse c’est terminé, nous sommes entrés définitivement dans l’ère de la post-consommation : tous nos “besoins primaires” sont remplis et dépassés, ce que nous attendons de la consommation c’est désormais qu’elle produise du sens et nous permette d’affirmer qui nous sommes en consommant “mieux” et non pas “plus”.

Alors dans cette ère du post-modernisme le consom’acteur que nous sommes tous ne mérite-t-il pas mieux qu’un simple supermarché en ligne ?

J’en suis personnellement convaincu (en même temps çà n’engage que moi, alors si çà vous soule vous pouvez “zapper” :-)) et je crois que l’heure est désormais à la consommation de désir, de plaisir, de signification, ce qui induit logiquement un autre type de e-commerce. Ce nouveau e-commerce, je le vois plutôt comme un espace de création d’expérience et de nouvelles envies, comme un site de conseil, de découverte et de valorisation non plus simplement des produits mais plutôt de “la vie qui va avec”.
Je m’explique : vous aimez la rando par exemple ? alors pourquoi simplement se contenter de vous proposer des boîtes à oeufs à 1,50 euros (cf l’exemple du Vieux Campeur ;-)) et pas plutôt carrément une série de documentaire online sur la rando, sa pratique, ses meilleurs “spots”, le tout adapté à votre niveau de randonneur (du débutant au pro en passant par le confirmé) ? pourquoi ne pas évoquer les nouvelles formes de rando, notamment le tourisme éco-solidaire ou les randonnées écologiques (celles qui ne laissent pas de traces et sont respectueuses de la nature) ? pourquoi ne pas vous donner envie de randonner plus encore et surtout de randonner mieux avec des conseils, des témoignages, des “mises en situation” dans des paysages fantastiques et accessibles ?

Vous me poserez alors la question qui tue : “c’est bien gentil tout çà…et le produit alors, quand est-ce qu’on le vend dans cette histoire ?”…ce à quoi je répondrai : c’est déjà fait justement, puisque c’est l’histoire qui fait vendre…une fois que l’histoire a séduit, convaincu, stimulé le “prospect” on peut affirmer sans peine que 90% du travail de vente est fait, il ne reste plus alors qu’à présenter (habilement si possible) les produits “situation” : sous forme de “placement de produits” dans les vidéos de Web Série ou simplement en tant que “matériel nécessaire à ce type de rando”…

Allez, un petit effort, le e-commerce n’est pas mort…il reste à inventer :-)

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